—Vous n'aviez donc pas fermé la porte?

Elle jeta un coup d'oeil sur le palier, elle balbutia:

—C'est vrai, elle était ouverte.

Sa marche semblait gênée, et il y avait un dégoût sur son visage. Le jeune homme songeait maintenant que ce n'était pas drôle, avec une femme sans défense, au fond de cette solitude et de cette bêtise. Elle n'avait pas même eu de plaisir.

—Tiens! le livre qui est tombé par terre! reprit-elle en le ramassant.

Mais un coin de la reliure s'était cassé. Cela les rapprocha, ce fut un soulagement. La parole leur revenait. Marie se montrait désolée.

—Ce n'est pas ma faute…. Vous voyez, je l'avais enveloppé de papier, de peur de le salir…. Nous l'avons poussé, sans le faire exprès.

—Il était donc là? dit Octave. Je ne l'ai pas remarqué…. Oh! pour moi, je m'en fiche! Mais Campardon tient tant à ses livres!

Tous deux se le passaient, tâchaient de redresser le coin. Leurs doigts se mêlaient, sans un frisson. En réfléchissant aux suites, ils restaient vraiment consternés du malheur arrivé à ce beau volume de George Sand.

—Ça devait mal finir, conclut Marie, les larmes aux yeux.