—C'est fini, allons-nous-en.
Un remuement de chaises, un piétinement roulaient sous la voûte. Pauline avait pris la main de Jeanne. Tout en marchant la première avec l'enfant, elle la questionnait.
—Tu n'es jamais allée au théâtre?
—Non. Est-ce que c'est plus beau? La petite, le coeur gonflé de gros soupirs, avait un hochement de menton, comme pour déclarer que rien ne pouvait être plus beau. Mais Pauline ne répondit pas; elle venait de se planter devant un prêtre, qui passait en surplis; et, lorsqu'il fut à quelques pas:
—Oh! la belle tête! dit-elle tout haut, avec une conviction qui fit retourner deux dévotes.
Cependant, Hélène s'était relevée. Elle piétinait à côté de Juliette, au milieu de la foule qui s'écoulait difficilement. Trempée de tendresse, comme lasse et sans force, elle n'éprouvait plus aucun trouble à la sentir si près d'elle. Un moment, leurs poignets nus s'effleurèrent, et elles se sourirent. Elles étouffaient, Hélène voulut que Juliette passât la première, pour la protéger. Toute leur intimité semblait revenue.
—C'est entendu, n'est-ce pas? demanda madame Deberle, nous comptons sur vous demain soir.
Hélène n'eut plus la volonté de dire non. Dans la rue, elle verrait. Enfin, elles sortirent des dernières. Pauline et Jeanne les attendaient sur le trottoir d'en face. Mais une voix larmoyante les arrêta.
—Ah! ma bonne dame, qu'il y a donc longtemps que je n'ai eu le bonheur de vous voir!
C'était la mère Fétu. Elle mendiait à la porte de l'église. Barrant le passage à Hélène, comme si elle l'avait guettée, elle continua: