—Je n'y suis plus.... je n'y suis plus....
Mais Hélène ne jouait pas comme les autres matins. Alors, Jeanne, ennuyée, se rendormit. Il faisait trop petit jour. Vers huit heures, Rosalie se montra et se mit à conter sa matinée. Oh! un beau gâchis dehors, elle avait failli laisser ses souliers dans la crotte, en allant chercher son lait. Un vrai temps de dégel; l'air était doux avec ça, on étouffait. Puis, brusquement, elle se souvint: il était venu une vieille femme pour madame, la veille.
—Tiens! cria-t-elle en entendant sonner, je parie que la voilà!
C'était la mère Fétu, mais très-propre, superbe, avec un bonnet blanc, une robe neuve et un tartan croisé sur la poitrine. Elle gardait pourtant sa voix pleurarde.
—Ma bonne dame, c'est moi, je me suis permis.... C'est pour quelque chose que j'ai à vous demander....
Hélène la regardait, un peu surprise de la voir si cossue.
—Vous allez mieux, mère Fétu?
—Oui, oui, je vais mieux, si on peut dire.... Vous savez, j'ai toujours quelque chose de bien drôle dans le ventre; ça me bat, mais enfin ça va mieux.... Alors, j'ai eu une chance. Ça m'a étonnée, parce que, voyez-vous, la chance et moi.... Un monsieur m'a chargée de son ménage. Oh! c'est une histoire....
Sa voix se ralentissait, ses petits yeux vifs tournaient dans les mille plis de son visage. Elle semblait attendre qu'Hélène la questionnât. Mais celle-ci, assise près du feu que Rosalie venait d'allumer, n'écoutait que d'une oreille distraite, l'air absorbé et souffrant.
—Qu'avez-vous à me demander, mère Fétu? dit-elle.