Son agitation était au comble, et il allait sortir de la chambre, n'y tenant plus, lorsqu'il croisa M. Heathcliff qui entrait, et qui lui mit la main sur l'épaule.

—Eh bien, qu'est-ce qu'il y a, mon garçon? demanda-t-il.

—Rien, rien, dit-il en s'éloignant.

Heathcliff le suivit des yeux et poussa un soupir.

—C'est étrange, murmura-t-il, quand je cherche sur sa figure les traits de son père, c'est elle que je trouve tous les jours davantage. Comment diable peut-il lui ressembler si fort? C'est à peine si je supporte sa vue.

Il baissa les yeux et s'avança d'un air songeur. Il y avait en lui une expression inquiète et anxieuse que je n'avais jamais remarquée auparavant: de plus il paraissait maigri. En le voyant par la fenêtre, sa belle-fille s'était aussitôt enfuie dans la cuisine, de sorte que je restai seul.

—Je suis heureux de voir que vous pouvez enfin sortir, M. Lockwood, me dit-il en réponse à mon salut. Je me suis demandé plus d'une fois ce qui avait bien pu vous amener dans cette solitude.

—Un caprice, j'en ai peur, monsieur, répondis-je, et c'est encore un caprice qui m'en fait partir. Je retournerai à Londres la semaine prochaine; et je ne crois pas que je pourrai vivre ici désormais.

—Oh vraiment! Êtes-vous déjà fatigué d'être loin du monde? Mais si vous venez ici pour plaider votre droit à ne pas payer un loyer dont vous ne voulez pas profiter, c'est peine perdue: je ne me relâche jamais d'exiger de chacun ce qui m'est dû.

—Je ne viens plaider rien de pareil! m'écriai-je piqué. «Si vous le voulez-bien, je vais régler tout de suite la chose avec vous.» Et je tirai mon portefeuille de ma poche.