[247] Deux contes, portant le titre de Cendrillon, sont encore à citer ici. Dans la version serbe (Vouk, no 32), c'est aussi une vache qui file pour Cendrillon. La marâtre, quand elle en est avertie, fait tuer la vache. Cendrillon recueille les os, ainsi que la vache lui a dit de le faire, et, à la place où elle les a enterrés, elle trouve tout ce qu'elle peut désirer. Comme dans le conte corse, la vache n'est autre que la mère de la jeune fille, qui a été ensorcelée.—Dans la version allemande (Grimm, no 21), Cendrillon s'en va pleurer près de la tombe de sa mère sur laquelle elle a planté un arbre (comparer l'arbre qui pousse à la place où l'on a enterré les os du mouton ou de la vache), et, chaque fois, il vient se percher sur l'arbre un bel oiseau blanc,—l'âme de sa mère évidemment,—qui lui donne tout ce qu'elle demande.—Dans un conte toscan (Gubernatis, Novelline di S. Stefano, no 1), Nena reçoit de sa marâtre l'ordre d'avoir filé pour le soir une demi-livre de laine. Une vieille lui conseille d'aller dire à la vache qu'elle mène paître de lui filer cette laine. Le lendemain, la marâtre la fait accompagner par sa fille à elle; la vieille dit à Nena de peigner sa sœur, qui ne tarde pas à s'endormir (comparer notre variante les Clochettes d'or), et la vieille file; le jour d'après, la sœur ne s'endort pas, et la jeune fille est battue. Le conte passe ensuite dans un autre thème (comparer un autre conte toscan, no 32 de la collection Nerucci).—Dans un conte romain (Busk, p. 31), c'est la vache elle-même qui propose à la jeune fille de faire son ouvrage pendant que celle-ci ira lui couper de l'herbe. Ici, comme le mouton dans notre conte, la vache est tuée par ordre de la marâtre, et, à partir de cet endroit, nous passons à l'histoire de Cendrillon. La «fée» du conte de Perrault, c'est ici une «boule d'or», que la vache a dit à la jeune fille de recueillir sous son cœur, quand on l'aura tuée; cette boule accomplit les souhaits de celle qui la possède (comparer le conte sicilien no 32 de la collection Gonzenbach).

[248] Voir, pour les «trois yeux», divers autres contes résumés dans les remarques du Poirier d'or.

[249] Il y a ici une altération. Dans plusieurs des contes mentionnés ci-dessus, le petit homme creuse la terre autour d'un puits et dit au géant qu'il va lui rapporter tout le puits, comme, dans notre conte et dans d'autres, il prétend vouloir rapporter tout un arbre ou toute une forêt.

[250] Pour cette dernière partie, voir l'Introduction au Pantchatantra de M. Benfey (§ 211). Aux contes tirés de divers livres orientaux (dont deux livres sanscrits), qui y sont résumés, on peut ajouter un conte populaire indien actuel (no 7 des contes du pays de Cachemire, publiés dans l'Indian Antiquary, novembre 1882).

[251] Ce conte nous paraît être dérivé directement du texte imprimé du conte suédois, traduit en allemand.

[252] Cette première partie du conte bolonais, que nous rencontrerons encore dans un des contes cités plus loin et qui figure dans des contes européens appartenant à d'autres familles, se retrouve dans un conte populaire indien du Bengale, la Princesse qui aimait son père comme du sel (miss Stokes, no 23).

[253] Dans le conte albanais, la princesse, après avoir goûté de tous les mets, se lave les mains et va frotter celles du prince, avant de rentrer dans son chandelier.

[254] Dans le conte albanais et dans le conte romain (Busk, p. 84), la mère de la princesse a fait faire au roi la même promesse.—Dans un conte arabe d'Egypte, du type de Peau d'Ane (H. Dulac, no 1), le roi ordonne d'essayer à toutes les femmes du pays l'anneau de jambe de la défunte reine.

[255] Petite poule.

[256] Petit coq.