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J'ai chaud la patte et chaud le c..;

Je ne repasserai plus

Par la chatière de la porte (huis).

(Bourotte, petite ouverture dans le genre d'une chatière.)


REMARQUES

Nous rapprocherons d'abord de ce petit conte un conte basque (Webster, p. 55): Il y avait une fois un homme et sa femme. La femme, étant à filer un soir, voit entrer une fée; ils ne peuvent s'en débarrasser, et chaque soir ils lui donnent à manger du jambon. La femme dit un jour à son mari qu'elle voudrait bien mettre à la porte cette fée. L'homme lui dit d'aller se coucher. Il endosse les habits de sa femme et se met à filer dans la cuisine. Arrive la fée qui trouve, au bruit qu'il fait, que le rouet ne marche pas comme à l'ordinaire. L'homme lui demande si elle veut son souper. Il met du jambon dans la poêle, et, quand tout est bien chaud, il le jette à la figure de la fée. Depuis ce temps il ne vient plus de fée dans la maison, et peu à peu l'homme et la femme perdent leur fortune.

Dans l'Anjou, on raconte une histoire de ce genre (Contes des provinces de France, nº 28): Une fée vient chaque jour dans une chaumière caresser et soigner un enfant nouveau-né, pendant que la mère, effrayée, est à filer près du foyer. Le mari, ayant appris la chose, reste le lendemain à la maison, seul avec le petit enfant; il prend la quenouille de la femme et se met à filer. La fée, à son arrivée, s'aperçoit qu'un homme a pris la place de la femme, et, tout en caressant l'enfant, elle se moque de la manière dont il file. Au moment où elle se retire en s'envolant par la cheminée, le paysan remplit la pelle à feu de charbons ardents et les lui lance dans les jambes. Depuis ce jour, la fée ne revient plus.

Pour la couleur des habits du follet, voir les remarques de notre nº [68], le Sotré.