NOTES:
[143] Comparer le drame birman cité, II, pp. [19-20]. Le conte annamite est altéré: cet épisode du peigne devrait se passer dans le pays de la fée, où le héros finit par arriver.
Nº XLVIII.—LA SALADE BLANCHE ET LA SALADE NOIRE.
II, pp. [121-123].—Le conte annamite suivant (A. Landes, nº 72) est à joindre aux contes orientaux cités:
De deux sœurs, l'aînée est riche; la cadette, pauvre. Cette dernière va, un jour, demander du riz à l'autre, qui répond par un refus. La pauvre femme s'étant mise à glaner des patates dans un champ, un serpent entre dans son panier; elle lui fait cette prière: «Mes enfants et moi, nous souffrons de la faim; si vous voulez vous donner à nous comme nourriture, restez couché dans le panier, afin que je vous emporte à la maison pour vous faire cuire.» Le serpent reste couché, la femme le fait cuire, et il se trouve transformé en un lingot d'or. La famille devient donc riche; on arrange la maison et on invite la sœur aînée. Celle-ci demande à sa sœur d'où lui est venue cette fortune. L'ayant appris, elle se rend dans les champs et se met à glaner comme une pauvresse. Un serpent entre dans son panier; elle lui fait la même demande que sa sœur et le rapporte à la maison. Mais le serpent se multiplie en une foule d'autres serpents qui remplissent toute la maison, et la méchante femme meurt de leurs piqûres.
II, p. [121].—Dans Mélusine (I, col. 43), se trouve un conte créole du même genre que le conte kariaine de Birmanie: les aventures successives de deux petites filles, l'une bonne, l'autre méchante, chez une vieille «Maman Diable». Entre autres choses, cette dernière demande à l'enfant, après le bain, de la bien frotter, et l'enfant voit que le dos de «Maman Diable» est couvert de couteaux et de morceaux de verre cassé. Ce passage rappelle celui du conte kariaine où, en examinant la tête de la géante, la petite fille la voit remplie de serpents verts et de mille-pieds. Comparer un conte serbe (Vouk, nº 36), cité dans nos remarques.
Nº LX.—LE SORCIER.
II, p. [193].—Nous avons résumé un conte annamite, traduit par M. Abel des Michels. La collection A. Landes renferme (nº 79) un conte du même pays, qui ne diffère de ce conte que par une introduction où est expliquée l'origine de la réputation du prétendu devin. Cette introduction a un grand rapport avec celle du conte indien du Kamaon (II, p. [193]): Un homme est paresseux et menteur. Sa femme, un jour, l'envoie chercher du travail, mais il revient sans avoir rien fait que de couper un bambou. Avant de rentrer à la maison, il s'arrête derrière le mur. Justement, à ce moment, la femme, qui vient d'acheter cinq gâteaux, en donne trois à ses enfants, en leur disant de serrer les autres dans la jarre à riz, pour leur père. Celui-ci, ayant entendu la chose, entre, quelques instants après, son bambou à la main. «Femme,» dit-il, «j'ai acquis le pouvoir de découvrir les objets cachés; voici avec quoi je les sens. Si tu as quelque chose de caché, je vais le trouver.» Sa femme lui ayant dit de chercher les deux gâteaux, il les trouve tout de suite dans la jarre à riz.—La femme va se vanter auprès de ses voisines de ce que son mari est devenu si habile. On le charge de retrouver des petits cochons perdus. Le hasard a voulu qu'il les ait aperçus dans un buisson; il les ramène en un instant. Puis, comme il a épié les parents de sa femme, il devine du premier coup où ceux-ci ont caché de l'argent.—Vient enfin l'histoire de la tortue d'or, comme dans le conte résumé dans nos remarques.