[139] Dans un conte serbe (Vouk, nº 32), par exemple, Cendrillon recueille les os de la vache mystérieuse, comme celle-ci lui a dit de le faire, et, à la place où elles les a enterrés, elle trouve tout ce qu'elle peut désirer. Voir notre tome I, p. 252, note 2.
[140] Dans la légende égyptienne de Rhodopis (Strabon, liv. XVII; Elien, Var., l. XIII), pendant que l'héroïne se baigne avec ses suivantes, un aigle enlève un de ses souliers et le laisse tomber dans le jardin du roi Psammétichus, à Memphis. Le roi, étonné de la petitesse de ce soulier, fait chercher partout celle à qui il appartient, et, l'ayant trouvée, il l'épouse.
[141] Comparer, par exemple, le conte allemand de Cendrillon (Grimm, nº 21).
[142] Il n'est pas inutile de constater que ce conte islandais est une combinaison du thème de Cendrillon et de celui du Poirier d'or, comme le conte annamite.
Nº XXIX.—LA POUILLOTTE ET LE COUCHERILLOT.
Dans un conte portugais du Brésil (Roméro, p. 163), un singe a eu le bout de la queue coupé par la roue d'un chariot. Un chat s'empare de ce bout de queue. Pour le rendre au singe, il lui demande du lait; le singe s'adresse à la vache, qui veut de l'herbe; puis à la vieille, qui veut des souliers; au cordonnier, qui veut des soies; au cochon, qui veut de la pluie (sic). La fin de la série est absurde.
Ce conte brésilien est à citer en ce qu'il ressemble à la fois, pour la première partie de la série de personnages mis en action, à notre conte de Montiers et à la variante de Seine-et-Marne que nous avons donnée. Ainsi, nous y trouvons le chat demandant du lait et la vache de l'herbe, comme dans la variante; la femme demandant des souliers, comme dans le conte de Montiers; le cordonnier demandant des soies, comme dans l'un et l'autre.
Le début du conte brésilien a beaucoup de rapport avec celui d'un conte anglais, mentionné dans nos remarques (Halliwell, nº 81), où le chat ne veut rendre à la souris sa queue, que si elle va lui chercher du lait.
Nº XXXII.—CHATTE BLANCHE.
II, pp. [16-23].—Nous avons eu à étudier, à l'occasion d'un épisode de ce conte, un thème que l'on peut appeler le thème des Jeunes filles oiseaux. Aux contes orientaux que nous avons cités, nous ajouterons un conte annamite (A. Landes, nº 53): Dans un certain pays se trouvait une fontaine où venaient se baigner les fées (mot-à-mot les dames génies). Un jour, un bûcheron emporte les vêtements de l'une d'elles qui était restée dans l'eau plus longtemps que les autres; il refuse de les lui rendre, et elle devient sa femme. L'homme cache les vêtements au fond du grenier à riz. La fée vit pendant quelques années avec l'homme, et ils ont déjà un enfant, quand elle trouve les vêtements. Elle s'en revêt, ôtant seulement son peigne, qu'elle attache au collet de son fils. «Reste ici,» lui dit-elle; «ta mère est une fée, ton père est un mortel; il ne leur est pas permis de vivre longtemps unis.» Et elle s'envole.—L'homme, inconsolable, prend son fils et se rend à la fontaine; mais il ne voit plus la fée descendre s'y baigner; seulement des servantes viennent y puiser de l'eau. L'homme ayant soif, leur demande à boire et leur conte ses malheurs. Pendant qu'il leur parle, le petit garçon laisse tomber le peigne dans une des jarres[143].—Quand les servantes versent l'eau, on trouve le peigne au fond de la jarre. La fée interroge les servantes, et, après avoir entendu leur récit, elle charme un mouchoir, qu'elle leur remet en leur ordonnant de retourner à la fontaine, et, si l'homme y est encore, de lui dire de mettre ce mouchoir en guise de turban et de les suivre. Les servantes le ramènent. Les deux époux restent quelque temps réunis; mais, un jour, la fée dit à l'homme de retourner sur la terre: plus tard, elle demandera au Bouddha de retourner vivre avec lui. On le descend avec son fils, assis sur un tambour au bout d'une corde; mais, par suite d'un malentendu, la corde est coupée, et ils tombent dans la mer, où ils périssent.
II, [23].—Pour l'épisode des tâches imposées au héros, voir le conte kabyle résumé dans le supplément aux remarques de notre nº 3.