«Serpent, serpent, ouvre-moi ta porte.—Méchant petit ver de terre, je ne ferai de toi qu'une bouchée, et encore quelle bouchée!—N'importe, ouvre-moi toujours ta porte.»
Ils combattirent deux ou trois heures; enfin le serpent fut tué. Le jeune homme enfonça une porte et ne trouva rien, puis une autre et encore une autre. A la quatrième, il trouva une princesse encore plus belle que la première. Elle lui dit: «Avant qu'on ne nous ait enfermées ici, mes sœurs et moi, notre père nous a donné à chacune un mouchoir de soie et une pomme d'or, pour en faire présent à celui qui nous délivrerait.» En même temps, elle lui remit le mouchoir et la pomme d'or.
Alors le jeune homme la fit remonter avec toutes ses richesses, comme il avait fait pour sa sœur; mais, quand il voulut remonter lui-même, ses compagnons le laissèrent encore retomber et s'emparèrent de la princesse et du trésor.
Le jeune homme retourna près de la sorcière. «Dis-moi où il y a encore des princesses; mes compagnons ont chacun la leur.—Je n'en connais plus.—Vieille sorcière, tu dois encore en connaître.—J'en connais bien une, mais il y a un serpent volant qui la garde.—Oh bien! ce n'est toujours pas le diable, puisque le diable est là sur ton lit.»
«Serpent, serpent volant, ouvre-moi ta porte.—Méchant petit ver de terre, je ne ferai de toi qu'une bouchée, et encore quelle bouchée!—N'importe, ouvre-moi toujours ta porte.»
Le jeune homme lui abattit d'abord une aile; puis, comme le serpent volant combattait toujours, il lui abattit l'autre, et le combat finit. Il ouvrit une porte et ne trouva rien; il en ouvrit une deuxième, une troisième, une quatrième, toujours rien; enfin, à la cinquième, il trouva une belle princesse, encore plus belle que les deux premières. Elle lui dit: «Avant qu'on ne nous ait enfermées ici, mes sœurs et moi, notre père nous a donné à chacune un mouchoir de soie et une pomme d'or, pour en faire présent à celui qui nous délivrerait.»
Il prit le mouchoir et la pomme d'or et fit remonter la princesse avec ses richesses; il voulut remonter ensuite, mais ses compagnons le laissèrent retomber et emmenèrent la princesse avec son trésor.
Le jeune homme courut retrouver la sorcière et lui dit: «Mes compagnons avaient chacun leur princesse, et voilà qu'ils ont encore pris la mienne!—Je n'ai plus de princesse à t'indiquer,» dit la vieille; «mais pour t'aider à sortir d'ici, voici un aigle qui t'emportera jusqu'en haut[45], et un pot de graisse. Si l'aigle vient à crier, tu te couperas le mollet et tu le lui donneras à manger; autrement, il te jetterait en bas. Puis tu te frotteras la jambe avec la graisse, et il n'y paraîtra plus.»
Le jeune homme se laissa enlever par l'aigle. Arrivé presque en haut, l'aigle se mit à crier: le jeune homme se coupa le mollet et le lui donna; puis il se frotta avec la graisse, et il n'y parut plus. Quand ils furent en haut, l'aigle le déposa par terre.
Après avoir marché quelque temps, le jeune homme rencontra des petites oies. Il leur demanda: «Les princesses de Pampelune sont-elles de retour?—Adressez-vous à nos mères qui vont jusque dans la cour du roi; elles pourront vous le dire.» Lorsque le jeune homme vit les mères oies, il leur dit: «Mères aux petites oies, les princesses de Pampelune sont-elles de retour?—Oui,» dirent les oies, «et elles doivent se marier demain matin à neuf heures.—Combien y a-t-il d'ici à Pampelune?—Il y a trente lieues.»