[1] Mollah, c'est-à-dire «seigneur». Dans les pays musulmans on donne ce nom notamment aux personnes distinguées par leur savoir et leur piété.

[2] On se rappelle, dans le conte d'Ali Baba des Mille et une Nuits, le passage où le voleur, qui a marqué à la craie, pour la reconnaître, la porte d'une maison, se trouve ensuite tout à fait déconcerté, quand il voit qu'on a marqué de la même façon toutes les portes des maisons voisines.

[3] Comparer le conte allemand du Harz et surtout le conte albanais.



XXXII
CHATTE BLANCHE

Il était une fois un jeune homme appelé Jean; ses parents étaient riches et n'avaient pas besoin de travailler pour vivre. Un jour, ils lui donnèrent deux mille francs pour aller à la fête d'un village voisin; Jean les perdit au jeu. «Si tu veux,» lui dit un camarade, «je te prêterai de l'argent.» Il lui prêta six mille francs, et Jean les perdit encore; il était bien désolé.

En retournant chez ses parents, il rencontra un beau monsieur: c'était le diable. «Qu'as-tu donc, mon ami?» lui dit le diable; «tu as l'air bien chagrin.—Je viens de perdre huit mille francs.—Tiens, en voici vingt mille; mais dans un an et un jour tu viendras me trouver dans la Forêt-Noire.»

De retour chez ses parents, Jean leur dit: «J'ai perdu beaucoup d'argent au jeu, mais j'ai rencontré ensuite un beau monsieur qui m'a donné vingt mille francs et m'a dit d'aller le trouver au bout d'un an et un jour dans la Forêt-Noire.—C'est le diable!» s'écrièrent les parents, «il faut courir après lui pour lui rendre l'argent.»

Le jeune homme monta à cheval et partit aussitôt. Quand il eut fait six cents lieues, il demanda à des gens qu'il rencontra: «Y a-t-il encore bien loin d'ici à la Forêt-Noire?—Il y a encore six mille lieues.—Je ne suis pas près d'y arriver,» dit Jean. Enfin, juste au bout d'un an et un jour, il parvint à la Forêt-Noire, et il rencontra auprès de la maison du diable une fée qui lui dit: «Voilà une fontaine, dans laquelle il y a trois plumes qui se baignent: la Plume verte, la Plume jaune et la Plume noire; tu tâcheras de prendre la Plume verte, de lui enlever sa robe et de lui donner un baiser.»