NOTES:

[105] Pour le voyage en enfer, comparer le conte du «pays saxon» de Transylvanie résumé dans les remarques de notre nº 46, et un conte italien des Abruzzes, également du type de l'Homme fort (Finamore, I, nº 27).



LXX
LE FRANC VOLEUR

Pierrot, Jeannot et Claudot étaient trois frères, fils d'une pauvre veuve. Devenus grands et ne sachant que faire à la maison, ils voulurent aller chercher fortune ailleurs. Ils partirent donc ensemble, et, arrivés à une croisée de chemin, ils se séparèrent en se disant: «Dans un an, nous nous retrouverons ici.»

En arrivant dans un village, Claudot s'arrêta devant une boutique de boulanger. «Mon ami,» lui dit le boulanger, «on dirait que tu as envie d'apprendre mon état?—Oui,» répondit Claudot, «mais je n'ai pas d'argent.—Qu'à cela ne tienne,» dit le boulanger. «Entre chez moi, et, d'ici à un an, tu sauras le métier.»

Jeannot, étant arrivé devant une boutique de serrurier, s'arrêta à la porte. «Mon ami,» lui dit le serrurier, «on dirait que tu as envie d'apprendre mon état?—Oui,» répondit Jeannot, «mais je n'ai pas d'argent.—Qu'à cela ne tienne,» dit le serrurier. «Entre chez moi, et, d'ici à un an, tu sauras le métier.»

Pierrot, lui, tomba au milieu d'une bande de voleurs qui lui crièrent: «La bourse ou la vie!—Oh! oh!» dit Pierrot, «mais c'est moi qui demande la bourse ou la vie.—Alors,» dirent les voleurs, «veux-tu être des nôtres?—Volontiers,» répondit Pierrot.

Les voleurs le mirent aussitôt à l'épreuve: «Dans un instant,» lui dirent-ils, «il va passer un beau monsieur en carrosse; tu lui crieras: La bourse ou la vie!»