Puis elle revint à Paris. Mais l'époque des revers commençait. Napoléon, attristé, ne pense plus avec la même gaieté à sa maîtresse. Des soucis l'absorbent. Il songe à mourir. C'est quelques jours avant l'Île d'Elbe. Ce soir où, vaincu, il a voulu se suicider sans y parvenir, Marie Walewska attendra toute une nuit l'amant soucieux que, bien qu'attristée, elle n'ose déranger. Lui ne se souviendra plus qu'au matin qu'elle a passé la nuit à l'attendre dans une pièce proche. Et malgré tant de douleur qui l'accable, il trouve pour elle, à défaut d'amour, des mots d'amitié profonde:
«Marie, j'ai reçu votre lettre du 15. Les sentiments qui vous animent me touchent vivement. Ils sont dignes de votre belle âme et de la bonté de votre cœur. Lorsque vous aurez arrangé vos affaires, si vous voulez aller aux eaux de Lucques ou de Sise, je vous verrai avec un grand et vif intérêt, ainsi que votre fils, pour qui mes sentiments sont toujours invariables. Portez-vous bien, pensez à moi avec plaisir et ne doutez jamais de moi.
Le 16 avril.
«N.»
Napoléon partit pour l'Île d'Elbe. C'est là qu'elle le vint visiter le 1er septembre 1814. Elle sera près de lui encore en 1815, pendant les Cent Jours.
Enfin, quand ce fut l'exil définitif, l'abdication pour Sainte-Hélène, Marie se crut dégagée de tout serment. Elle épousa Philippe-Antoine, général comte d'Ornano, ancien colonel des dragons de la Garde, cousin de l'Empereur.
De ce mariage elle eut un fils[11], le 9 juin 1817. Quelques mois après, vers la mi-décembre, elle mourait dans son hôtel de la rue de la Victoire, qu'elle avait quitté lors de son mariage.
FOOTNOTES:
[1] Né en 1769.