Désir de femme est un feu qui dévore.

Il faut cependant te calmer. Je t'ai écrit que j'étais en Pologne, que lorsque les quartiers d'hiver seraient assis, tu pourrais venir; il faut donc attendre quelques jours. Plus on est grand et moins on doit avoir de volonté; l'on dépend des événements et des circonstances. Tu peux aller à Francfort et à Darmstadt. J'espère sous peu de temps t'appeler; mais il faut que les événements le veuillent. La chaleur de ta lettre me fait voir que vous autres jolies femmes vous ne connaissez pas de barrières; ce que vous voulez doit être; mais moi, je me déclare le plus esclave des hommes: mon maître n'a pas d'entrailles, et ce maître c'est la nature des choses.

Adieu, mon amie; porte-toi bien. La personne dont j'ai voulu te parler est Mme L... dont tout le monde dit bien du mal: l'on m'assure qu'elle était plus Prussienne que Française. Je ne le crois pas; mais je la crois une sotte qui ne dit que des bêtises.

Napoléon.


LETTRE XLV

À l'Impératrice, à Mayence.

Le 10 décembre, 5 heures du soir, 1806.

Un officier m'apporte un tapis de ta part; il est un peu court et étroit; je ne t'en remercie pas moins. Je me porte assez bien. Le temps est fort variable. Mes affaires vont assez bien. Je t'aime et te désire beaucoup.

Adieu, mon amie; je t'écrirai de venir avec au moins autant de plaisir que tu voudras.