Eylau, le 9 février, à 6 heures du soir, 1807.

Je t'écris un mot, mon amie, afin que tu ne sois pas inquiète. L'ennemi a perdu la bataille, quarante pièces de canon, dix drapeaux, douze mille prisonniers; il a horriblement souffert. J'ai perdu du monde: seize mille tués, trois mille ou quatre mille blessés.

Ton cousin Tascher se porte bien; je l'ai appelé près de moi avec le titre d'officier d'ordonnance.

Corbineau a été tué d'un obus; je m'étais singulièrement attaché à cet officier qui avait beaucoup de mérite; cela me fait de la peine. Ma garde à cheval s'est couverte de gloire. D'Allemagne est blessé dangereusement.

Adieu, mon amie.

Tout à toi,

Napoléon.


LETTRE LX

À l'Impératrice, à Paris.