À l'Impératrice Joséphine, à Navarre.

Je reçois ta lettre. Je ne vois pas d'inconvénient au mariage de Mme de Mackau avec Wattier, si cela lui convient; ce général est un fort brave homme. Je me porte bien. J'espère avoir un garçon; je te le ferai savoir aussitôt.

Adieu, mon amie. Je suis bien aise que Mme d'Arberg t'ait dit des choses qui te fassent plaisir. Quand tu me verras, tu me trouveras avec les mêmes sentiments pour toi.

Napoléon.


LETTRE C

À l'Impératrice Joséphine, à Malmaison.

Trianon, 25 août 1813.

J'ai reçu ta lettre. Je vois avec plaisir que tu es en bonne santé. Je suis pour quelques jours à Trianon. Je compte aller à Compiègne. Ma santé est fort bonne.

Mets de l'ordre dans tes affaires; ne dépense que un million cinq cent mille francs et mets de côté tous les ans autant; cela fera une réserve de quinze millions en dix ans pour tes petits-enfants: il est doux de pouvoir leur donner quelque chose et de leur être utile. Au lieu de cela, l'on me dit que tu as des dettes, cela serait bien vilain. Occupe-toi de tes affaires et ne donne pas à qui en veut prendre. Si tu me veux plaire, fais que je sache que tu as un gros trésor. Juge combien j'aurais mauvaise opinion de toi si je te savais endettée avec trois millions de revenu.