—Allons … bon! me dis-je, encore du nouveau…. Décidément le diable se mêle de nos affaires!»

Marie Lagoutte avait disparu. Le piqueur et son camarade entrèrent dans la tour.

VIII

La figure de Sperver exprimait une irritation contenue, celle de Sébalt une ironie amère. Ce digne veneur, qui m'avait frappé le soir de mon arrivée au Nideck par son attitude mélancolique, était maigre et sec comme un vieux brocart; il portait la veste de chasse, serrée sur les hanches par le ceinturon,—d'où pendait le couteau à manche de corne,—de hautes guêtres de cuir montant au-dessus des genoux, la trompe en bandoulière de droite à gauche, la conque sous le bras. Il était coiffé d'un feutre à larges bords, la plume de héron dans la ganse, et son profil, terminé par une petite barbe rousse, rappelait celui du chevreuil.

«Oui, reprit Sperver, tu vas apprendre de belles choses!»

Il se jeta sur une chaise, en se prenant la tête entre les mains, d'un air désespéré, tandis que Sébalt passait tranquillement sa trompe par-dessus sa tête, et la déposait sur la table.

«Eh bien! Sébalt, s'écria Gédéon, parle donc!»

Puis, me regardant, il ajouta:

«La sorcière rôde autour du château.»

Cette nouvelle m'eût été parfaitement indifférente avant les confidences de Marie Lagoutte, mais alors elle me frappa. Il y avait des rapports quelconques entre le seigneur du Nideck et la vieille; ces rapports, j'en ignorais la nature, il me fallait, à tout prix, les connaître.