Et d'un mouvement d'épaule, il fit glisser sa carabine dans sa main.
Ce geste significatif me donna l'éveil.
«Un instant, Sperver! il ne s'agit pas de tuer la Peste-Noire, mais de la prendre vivante.
—Vivante?
—Sans doute … et pour t'épargner bien des remords, je dois te prévenir que la destinée de la vieille est liée à celle de ton maître. Ainsi, la balle qui la frapperait tuerait le comte du même coup.»
Sperver ouvrit la bouche, tout stupéfait. «Est-ce bien vrai, Fritz?
—C'est positif.»
Il y eut un long silence; nos deux chevaux,
Fox et Reppel, balançaient la tête l'un en face de l'autre, et se saluaient, grattant la neige du pied, comme pour se féliciter de l'expédition. Lieverlé bâillait d'impatience, allongeant et pliant sa longue échine maigre, comme une couleuvre, et Sperver restait immobile, la main sur sa carabine. Tout à coup, il la fit repasser sur son dos et s'écria:
«Eh bien! tâchons de la prendre vivante, cette Peste… nous mettrons des gants, s'il le faut; mais ce n'est pas aussi facile que tu le penses, Fritz.»