«Hazazel! m'écriai-je d'une voix solennelle, bouc de malheur et d'expiation! … je charge sur ton échine velue les remords de mon ami Salomon Élias, et je te dévoue à l'ange des ténèbres!»

Puis, faisant le tour du plateau, je descendis sur l'assise inférieure, afin de précipiter le bouc.

Une fureur sacrée et presque divine s'était emparée de moi…. Je ne voyais pas l'abîme…. Je marchais sur la corniche comme un chat.

Le bouc, lui, me voyant approcher, me regarda fixement, puis s'en alla plus loin.

«Hé! m'écriai-je, tu as beau fuir … tu ne m'échapperas pas, maudit … je te tiens!

—Christian! Christian! ne cessait de répéter Salomon d'une voix gémissante, au nom du ciel, ne t'expose pas ainsi!

—Tais-toi, incrédule, tais-toi, tu es indigne que je me dévoue pour ton bonheur…. Mais ton ami Christian ne recule jamais, il faut que Hazazel périsse!»

Un peu plus loin, la corniche se rétrécissait et finissait en pointe.

Le bouc, m'ayant regardé pour la deuxième fois, se retira de nouveau devant moi, mais non sans hésiter.

« Ah! tu commences à comprendre, lui dis-je. Oui, oui, quand je te tiendrai là-bas dans le coin, il faudra bien que tu descendes!»