Odile baissa ses longues paupières, et Sperver me serra doucement la main.

Au bout d'un instant, elle reprit: «Ah! Monsieur, si vous sauvez mon père!…

—Ainsi que j'ai eu l'honneur devons le dire, Madame, la crise est finie. Il faut en empêcher le retour.

—L'espérez-vous?

—Avec l'aide de Dieu, sans doute, Madame, ce n'est pas impossible. Je vais y réfléchir.»

Odile, tout émue, m'accompagna jusqu'à la porte. Sperver et moi nous traversâmes l'antichambre, où quelques serviteurs veillaient, attendant les ordres de leur maîtresse. Nous venions d'entrer dans le corridor, lorsque Gédéon, qui marchait le premier, se retourna tout à coup, et me plaçant ses deux mains sur les épaules:

«Voyons, Fritz, dit-il en me regardant dans le blanc des yeux, je suis un homme, moi, tu peux tout me dire: qu'en penses-tu?

—Il n'y a rien à craindre pour cette nuit.

—Bon, je sais cela, tu l'as dit à la comtesse; mais, demain?

—Demain?