«Nous avons aussi des coteaux … verts au printemps, et pourpres en automne!…—A ta santé, Fritz!
—A la tienne, Gédéon!»
C'était merveille de nous voir…. Nous nous admirions l'un l'autre.
La flamme pétillait, les fourchettes cliquetaient, les mâchoires galopaient, les bouteilles gloussaient, les verres tintaient, et, dehors, le vent des nuits d'hiver, le grand vent de la montagne, chantait son hymne funèbre, cet hymne étrange, désolé, qu'il chante lorsque les escadrons de nuages fondent les uns sur les autres, se chargent, s'engloutissent, et que la lune pâle regarde l'éternelle bataille!
Cependant notre appétit se calmait. Sperver avait rempli le viedercome d'un vieux vin de Bremberg, la mousse frissonnait sur ses larges bords … il me le présenta en s'écriant:
«Au rétablissement du seigneur Yéri-Hans de Nideck…. Bois jusqu'à la dernière goutte, Fritz, afin que Dieu nous entende!»
Ce qui fut fait.
Puis il le remplit de nouveau, et répétant d'une voix retentissante:
«Au rétablissement du haut et puissant seigneur Yéri-Hans de Nideck mon maître!»
Il le vida gravement à son tour.