—Non, sans doute.
—Eh bien! il en est de même pour les Nideck. Ils peuvent avoir des traits d'Edwige, je ne dis pas le contraire, mais c'est Huldine qui est leur souche-mère. Voyez l'arbre généalogique, voyez, Monsieur!»
Nous nous séparâmes, Knapwurst et moi, les meilleurs amis du monde.
V
«C'est égal, me disais-je, la ressemblance existe … faut-il l'attribuer au hasard?… Le hasard … qu'est-ce, après tout?… un nonsens … ce que l'homme ne peut expliquer. Il doit y avoir autre chose!»
Je suivais tout rêveur mon ami Sperver, qui venait de reprendre sa marche dans le corridor. Le portrait d'Edwige, cette image si simple, si naïve, se confondait dans mon esprit avec celle de la jeune comtesse.
Tout à coup, Gédéon s'arrêta; je levai les yeux; nous étions en face des appartements du comte.
«Entre, Fritz, me dit-il; moi, je vais donner la pâtée aux chiens; quand le maître n'est pas là, les valets se négligent; je viendrai te reprendre tout à l'heure.»
J'entrai, plus curieux de revoir Mademoiselle Odile que le comte; je m'en faisais le reproche, mais l'intérêt ne se commande pas. Quelle fut ma surprise d'apercevoir dans le demi-jour de l'alcôve le seigneur du Nideck, levé sur le coude, et me regardant avec une attention profonde! Je m'attendais si peu à ce regard, que j'en fus tout stupéfait.
«Approchez, Monsieur le docteur, me dit-il d'une voix faible, mais ferme, en me tendant la main. Mon brave Sperver m'a souvent parlé de vous … j'étais désireux de faire votre connaissance.