Fritz se mit donc à contempler tout cela dans un grand ravissement. L'idée lui vint que Sûzel pourrait avoir le goût du beau linge, comme la mère et la grand-mère Kobus; qu'alors elle augmenterait les trésors du ménage, qu'elle aurait le trousseau de clefs, et qu'elle serait en extase matin et soir devant ces armoires.

Cette idée l'attendrit, et il souhaita que les choses fussent ainsi, car l'amour du bon vin et du beau linge fait les bons ménages.

Mais, pour le moment il s'agissait de trouver la plus belle chemise, le plus beau mouchoir, la plus belle paire de bas et les plus beaux habits. Voilà le difficile.

Après avoir longtemps regardé, Kobus, fort embarrassé, s'écria:

«Katel! Katel!»

La vieille servante, qui tricotait dans la cuisine, ouvrit la porte.

«Entre donc, Katel, lui dit Fritz, je suis dans un grand embarras: Hâan et Schoultz veulent absolument que j'aille avec eux à la fête de Bischem; ils m'ont tant prié, que j'ai fini par accepter. Mais à cette fête arrivent des centaines de Prussiens, des juges, des officiers, un tas de gens glorieux, mis à la dernière mode de France, et qui nous regardent par-dessus l'épaule, nous autres Bavarois. Comment m'habiller? Je ne connais rien à ces choses-là, moi, ce n'est pas mon affaire.»

Les petits yeux de Katel se plissèrent; elle était heureuse de voir qu'on avait besoin d'elle dans une circonstance aussi grave, et déposant son tricot sur la table, elle dit:

«Vous avez bien raison de m'appeler, monsieur. Dieu merci, ce ne sera pas la première fois que j'aurai donné des conseils pour se bien vêtir selon le temps et les personnes. M. le juge de paix, votre père, avait coutume de m'appeler quand il allait en visite de cérémonie; c'est moi qui lui disais: "Sauf votre respect, monsieur le juge, il vous manque encore ceci ou cela." Et c'était toujours juste; chacun devait reconnaître en ville, que, pour la belle et bonne tenue, M. Kobus n'avait pas son pareil.

—Bon! bon! je te crois, dit Fritz, et je suis content de savoir cela, quoique les modes soient bien changées depuis.