—C'est bien», fit la grosse fermière en ouvrant la porte; elle sortit, et Katel, après avoir ôté les souliers de Fritz, courut dans la cuisine faire chauffer de l'eau; car, pour tous les remèdes, il est bon d'avoir de l'eau chaude.
Tandis qu'elle se livrait à ce soin, et que le feu se remettait à pétiller sur l'âtre, Orchel revint:
«Le voici, mademoiselle Katel!» dit-elle, tout essoufflée.
Et presque aussitôt, le docteur, un petit homme maigre en tricot de laine verte, la culotte de nankin tirée par les bretelles dans la raie du dos, les cinq ou six mèches de ses cheveux gris tombant en touffes autour de son front rouge, parut dans l'allée, sans rien dire, et entra tout de suite dans la chambre.
Orchel et Katel le suivaient. Il regarda d'abord Fritz, puis il prit le pouls, les yeux fixés au pied du lit, comme un vieux chien de chasse en arrêt devant une caille, et au bout d'une minute il dit: «Ce n'est rien, le cœur galope, mais le pouls est égal... ce n'est pas dangereux.... Il lui faut une potion calmante, voilà tout.»
Seulement alors la vieille servante se mit à sangloter dans son tablier. Kipert se retournant, demanda:
«Qu'est-il donc arrivé? mademoiselle Katel.
—Rien, fit la grosse fermière; nous causions tranquillement quand il est tombé.»
Le vieux médecin, regardant de nouveau Kobus, dit:
«Il n'a rien... une émotion... une idée! Allons... du calme... ne le dérangez pas... il reviendra tout seul. Je vais faire préparer la potion moi-même chez Harwich.»