—Bonjour, Johan; bonjour, Kasper», dit-il tout joyeux. Il s'était approché de la vieille ferme, dont la façade était couverte d'un lattis, où grimpaient jusque sous le toit six ou sept gros ceps de vigne noueux; mais les bourgeons se montraient à peine. À droite de la petite porte ronde se trouvait un banc de pierre. Plus loin, sous le toit du hangar, qui s'avançait en auvent jusqu'à douze pieds du sol, étaient entassés pêle-mêle les herses, les charrues, le hache-paille, les scies et les échelles. On y voyait aussi, contre la porte de la grange, une grande trouble à pêcher, et au-dessus, entre les poutres du hangar, pendaient des bottes de paille, où des nichées de pierrots avaient élu domicile. Le chien Mopsel, un petit chien de berger à poils gris de fer, grosse moustache et queue traînante, venait se frotter à la jambe de Fritz, qui lui passait la main sur la tête.
C'est ainsi qu'au milieu des éclats de rire et des joyeux propos qu'inspirait à tous l'arrivée de ce bon Kobus, ils entrèrent ensemble dans l'allée, puis dans la chambre commune de la ferme, une grande salle blanchie à la chaux, haute de huit à neuf pieds, et le plafond rayé de poutres brunes. Trois fenêtres, à vitres octogones, s'ouvraient sur la vallée; une autre petite, derrière, prenait jour sur la côte; le long des fenêtres s'étendait une longue table de hêtre, les jambes en X, avec un banc de chaque côté; derrière la porte, à gauche, se dressait le fourneau de fonte en pyramide, et sur la table se trouvaient cinq ou six petits gobelets et la cruche de grès à fleurs bleues; de vieilles images de saints, enluminées de vermillon et encadrées de noir, complétaient l'ameublement de cette pièce.
«Monsieur, dit Christel, vous dînerez ici, n'est-ce pas?
—Cela va sans dire.
—Bon. Tu sais, Orchel, ce qu'aime M. Kobus?
—Oui, sois tranquille; nous avons justement fait la pâte ce matin.
—Alors, asseyons-nous. Êtes-vous fatigué, monsieur Kobus? Voulez-vous changer de souliers, mettre mes sabots?
—Vous plaisantez, Christel; j'ai fait ces deux petites lieues sans m'en apercevoir.
—Allons, tant mieux. Mais tu ne dis rien à M. Kobus, Sûzel?
—Que veux-tu que je lui dise? Il voit bien que je suis là, et que nous avons tous du plaisir à le recevoir chez nous.