—Soyez tranquille, monsieur, soyez tranquille, je vais vous soigner cela.»

Katel sortit, et Fritz, bourrant une pipe avec soin, se remit à la fenêtre. Alors, tout avait changé sous ses yeux; les figures, les mines, les discours, les cris des uns et des autres: c'était comme un coup de soleil sur la place.

Et rêvant encore à la ferme, il se prit à songer que le séjour des villes n'est vraiment agréable qu'en hiver; qu'il fait bon aussi changer de nourriture quelquefois, car la même cuisine, à la longue, devient insipide. Il se rappela que les bons œufs frais et le fromage blanc, chez l'anabaptiste, lui faisaient plus de plaisir au déjeuner, que tous les petits plats de Katel.

«Si je n'avais pas besoin, en quelque sorte, de faire ma partie de youker, de prendre mes chopes, de voir David, Frédéric Schoultz et le gros Hâan, se dit-il, j'aimerais bien passer six semaines ou deux mois de l'année à Meisenthâl. Mais il ne faut pas y songer, mes plaisirs et mes affaires sont ici: c'est fâcheux qu'on ne puisse pas avoir toutes les satisfactions ensemble.»

Ces pensées s'enchaînaient dans son esprit. Enfin, onze heures ayant sonné, la vieille servante vint dresser la table. «Eh bien! Katel, lui dit-il en se retournant, et mes beignets?

—Vous avez raison, monsieur, ils sont tout ce qu'on peut appeler de plus délicat.

—Tu les as réussis?

—J'ai suivi la recette; cela ne pouvait pas manquer.

—Puisqu'ils sont réussis, dit Kobus, tout doit aller ensemble, je descends à la cave chercher une bouteille de forstheimer

Il sortait son trousseau à la main, quand une idée le fit revenir; il demanda: