Van Spreckdal se leva comme indigné; puis, se rasseyant, il parut se consulter à voix basse avec son confrère.
Ces deux profils noirs, se découpant sur le fond lumineux de la fenêtre, et les trois hommes, debout derrière moi…le silence de la salle…tout me faisait frémir.
«Que me veut-on? qu’ai-je donc fait?» murmurai-je.
Tout à coup Van Spreckdal dit à mes gardiens:
«Vous allez reconduire le prisonnier à la voiture; nous partons pour la Metzgerstrasse.»
Puis s’adressant à moi:
«Christian Vénius, s’écria-t-il, vous êtes dans une voie déplorable… Recueillez-vous et songez que si la justice des hommes est inflexible, il vous reste la miséricorde de Dieu… Vous pouvez la mériter en avouant votre crime!»
Ces paroles m’abasourdirent comme un coup de marteau…Je me rejetai en arrière les bras étendus, en m’écriant:
«Ah! quel rêve affreux!»
Et je m’évanouis.