Elle paraissait bien heureuse et m'embrassait les larmes aux yeux.

Presque aussitôt le mauser et Koffel arrivèrent, donnant des poignées de main à l'oncle; puis les autres gens du village, pêle-mêle avec les soldats, qui remettaient aux hommes leurs sacs et leurs fusils pour les porter en triomphe, et qui criaient aux femmes:

«Hé! la grosse mère!... La jolie fille!... par ici!... par ici!

C'était une véritable confusion, tout le monde fraternisait, et au milieu de tout cela, c'était encore petit Jean et moi qui paraissions les plus heureux.

«Embrasse petit Jean,» me criait l'oncle.

--Embrasse Fritzel,» disait madame Thérèse à son frère.

Et nous nous embrassions, nous nous regardions émerveillés.

«Il me plaît, cria petit Jean, il a l'air bon enfant.[1]

-- Toi, tu me plais aussi,» lui dis-je, tout fier de parler en français.

Et nous marchions bras dessus bras dessous, tandis que l'oncle et madame Thérèse se souriaient l'un à l'autre. Le commandant me tendit aussi la main en disant: