Alors je ne pensais plus à la schlitte; j'étais tellement fier des talents de Scipio, que j'aurais voulu courir à la maison, et crier à l'oncle: «Nous avons un chien qui fait l'exercice!»
Mais Hans Aden, Frantz Sépel et tous les autres, encouragés par la bonne humeur du vieux soldat, étaient entrés.
«En place, repos!»[1] dit le père Schmitt, et Scipio retomba sur ses quatre pattes, en secouant la tête et se grattant la nuque avec une patte de derrière, comme pour dire: «Depuis deux minutes une puce me démange; mais on n'ose pas se gratter sous les armes!»
Le père Schmitt regardait Scipio d'un air attendri; on voyait qu'il lui rappelait le bon temps de son régiment.
«Oui, fit-il au bout de quelques instants, c'est un vrai chien de soldat. Mais reste[2] à savoir s'il connaît la politique, car beaucoup de chiens ne savent pas la politique.»
En même temps, il prit un bâton derrière[3] la porte et le mit en travers,[4] en criant:
«Attention au mot d'ordre!»
Scipio se tenait déjà prêt.
«Saute pour la République!» cria le vieux soldat.
Et Scipio sauta par-dessus le bâton, comme un cerf.