Il déposa sur la table un vieux livre.
«Voilà pourquoi j'arrive! dit le mauser; je n'ai pas besoin de nouvelles, moi; quand je veux savoir ce qui se passe dans le monde, j'ouvre et je regarde.»
La porte s'ouvrit de nouveau. C'était notre ami Koffel qui venait nous voir.
«Bonsoir, monsieur le docteur, fit-il en secouant son bonnet dans le vestibule; j'arrive tard; beaucoup de gens m'ont arrêté sur la route, au Boeuf-Rouge[1] et au Cruchon-d'Or.[1]
--Entrez, Koffel, lui dit l'oncle. Vous avez bien fermé la porte de l'allée?
--Oui, docteur Jacob, ne craignez rien.»
Il entra, et souriant:
«La gazette n'est pas arrivée ce matin? dit-il.
--Non, mais nous n'en avons pas besoin, répondit l'oncle d'un accent de bonne humeur un peu comique. Nous avons le livre du mauser, qui raconte le présent, le passé et l'avenir.
--Est-ce qu'il raconte aussi notre victoire?» demanda Koffel en se rapprochant du fourneau.