Ayant parlé de la sorte, elle se recoucha, et l'oncle Jacob, étonné de la justesse de ses paroles, resta quelques instants silencieux.

Le mauser et Koffel se regardaient sans rien dire, mais on voyait bien que les réflexions de la Française les avaient frappés et qu'ils pensaient: «Cette femme a raison.»

Au bout d'une minute seulement, l'oncle dit:

«Du calme, madame Thérèse, du calme, tout ira mieux; sur bien des choses nous pensons de même, et si cela ne dépendait que de moi, nous ferions bientôt la paix ensemble.

--Oui, monsieur le docteur, répondit-elle, je le sais, car vous êtes un homme juste, et nous ne voulons que la justice.

--Tâchez d'oublier tout cela, dit encore l'oncle Jacob; il ne vous faut plus maintenant que du repos pour être en bonne santé.

--Je tâcherai, monsieur le docteur.»

Alors nous sortîmes de l'alcôve, et l'oncle, nous regardant tout rêveur, dit:

«Voilà bientôt dix heures, allons nous coucher, il est temps.»

Il reconduisit Koffel et le mauser dehors, et poussa le verrou comme à l'ordinaire. Moi, je grimpais déjà l'escalier.