IX

Le lendemain, lorsque je m'éveillai, la neige encombrait mes petites fenêtres; il en tombait encore. Dehors tintaient les clochettes du traîneau de l'oncle Jacob. Je pensai qu'il fallait quelque chose d'extraordinaire pour décider l'oncle à se mettre en route par un temps[1] pareil, et, m'étant habillé, je descendis bien vite savoir ce que cela pouvait être.

L'allée était ouverte; l'oncle, enfoncé dans la neige jusqu'aux genoux, arrangeait à la hâte une botte de paille dans le traîneau.

«Tu pars, oncle? lui criai-je en m'avançant sur le seuil.

--Oui, Fritzel, oui, je pars, dit-il d'un ton joyeux; est-ce que tu veux m'accompagner?»

Mais voyant ces gros flocons tourbillonner et songeant qu'il ferait froid, je répondis:

«Un autre jour, oncle; aujourd'hui, j'aime mieux rester.»

Alors il rit tout haut, et, rentrant, il me pinça l'oreille, ce qu'il faisait toujours lorsqu'il était de bonne humeur.

«Maintenant, tout est prêt, dit l'oncle en ouvrant le garde-manger et fourrant dans sa poche une croûte de pain. Eh bien, madame Thérèse, me voilà sur mon départ. Quel bon temps pour aller en traîneau!»

Madame Thérèse regardait les fenêtres d'un air tout mélancolique.