M. Richter s'était levé furieux pour tomber sur Scipio; mais, au même instant, le mauser avait pris son bâton au coin de[2] la porte, et disait:

«Monsieur Richter, si votre grosse bête est mordue, à qui la faute? Vous l'avez assez excitée; maintenant elle est peut-être estropiée, ça vous apprendra!»

Et le vieux Schmitt, riant jusqu'aux larmes, faisait mettre Scipio entre ses genoux et criait:

«Je savais bien qu'il connaissait les finesses de la guerre; hé! hé! hé! nous avons remporté les drapeaux et les canons.»

Tous les assistants riaient avec lui; de sorte que M. Richter, indigné, chassa lui-même son chien dans la rue à grands coups de pied, pour ne plus entendre ses cris. Il aurait bien voulu en faire autant à Scipio, mais tout le monde était dans l'étonnement de son courage et de son bon sens naturel.

«Allons, s'écria le mauser en se levant, arrive maintenant, Fritzel, arrive! Il est temps que je te donne ce que tu veux. Je vous salue, monsieur Richter; vous avez un fameux chien. Grédel, vous marquerez[3] deux bouteilles sur l'ardoise.»

Je retournai chez nous, bien content de ce qui venait d'arriver.

X

Au coin de l'église, je rencontrai le petit Hans Aden, qui me cria:

«Fritzel! Fritzel!»