— Bon, bon ! »
Au même instant, Lisbeth sortait avec la lanterne, et je vis l’oncle sous le hangar, en train de dételer le cheval.
Il était tout blanc au milieu des ténèbres, et chaque poil de sa houppelande et de son gros bonnet de loutre scintillait à la lanterne comme une étoile. Il se dépêchait ; Rappel, tournant la tête vers l’écurie, semblait ne pouvoir attendre.
« Seigneur Dieu, qu’il fait froid dehors ! dit la vieille servante en accourant l’aider ; vous devez être gelé, monsieur le docteur. Allez, entrez vite vous réchauffer, je finirai bien toute seule. »
Mais l’oncle Jacob n’avait pas l’habitude de laisser le soin de son cheval à d’autres ; ce n’est qu’en voyant Rappel devant son râtelier garni de foin, et les pieds dans la bonne litière, qu’il dit :
« Entrons maintenant. » Et nous entrâmes tous ensemble.
« Bonnes nouvelles, madame Thérèse, s’écria l’oncle sur le seuil, bonnes nouvelles ! J’arrive de Kaiserslautern, tout va bien là-bas. »
Madame Thérèse, assise sur son lit, le regardait toute pâle.
Et tandis qu’il secouait son bonnet et se débarrassait de sa houppelande : « Comment, monsieur le docteur, fit-elle, vous venez de Kaiserslautern ?
— Oui, j’ai poussé jusque-là… Je voulais en avoir le cœur net. J’ai tout vu… je me suis informé de tout, dit-il en souriant ; mais je ne vous cache pas, madame Thérèse, que je tombe de fatigue et de faim. »