Que se passa-t-il à Hacmatt ! Je n’en sais rien ; mais ce qu’il y a de sûr, c’est que le lendemain, l’oncle, fier comme un roi, revint avec madame Thérèse et petit Jean, qu’il y eut grande noce chez nous, embrassades et réjouissances. Huit jours après, le commandant Duchêne arriva avec tous les capitaines du bataillon. Ce jour-là, les réjouissances furent encore plus grandes. Madame Thérèse et l’oncle se rendirent à la mairie, suivis d’une longue file de joyeux convives. Le mauser, qu’on avait nommé bourgmestre à l’élection populaire, nous attendait, son écharpe tricolore autour des reins. Il inscrivit l’oncle et madame Thérèse sur un gros registre, à la satisfaction universelle ; et dès lors petit Jean eut un père, et moi j’eus une bonne mère, dont je ne puis me rappeler le souvenir sans répandre des larmes.
J’aurais encore bien des choses à vous dire… mais c’est assez pour une fois. Si le Seigneur Dieu le permet, un jour nous reprendrons cette histoire qui finit, comme toutes les autres, par des cheveux blancs et les derniers adieux de ceux qu’on aime le plus au monde.
6-30. — Imprimerie HACHETTE, rue Stanislas. — Paris.