— Parce que ce chien reste là, fit Spick en ricanant, ils disent que la femme n’est pas morte.
— Ils ont raison, dit l’oncle d’un ton brusque, certains animaux ont plus de cœur et d’esprit que certains hommes. Ote-toi de là. »
Il l’écarta du coude et s’avança droit vers la femme en se courbant. Le chien, au lieu de sauter sur lui, parut s’apaiser et le laissa faire. Tout le monde s’était approché ; l’oncle s’agenouilla, découvrit le sein de la femme et lui mit la main sur le cœur. On se taisait ; le silence était profond. Cela durait depuis près d’une minute, lorsque Spick dit :
« Hé ! hé ! hé ! qu’on l’enterre, n’est-ce pas, monsieur le docteur ? »
L’oncle se leva, les sourcils froncés, et regardant cet homme en face, du haut en bas :
« Malheureux ! lui dit-il, pour quelques mesures d’eau-de-vie que cette pauvre femme t’a payées comme elle pouvait, tu voudrais maintenant la voir morte, et peut-être enterrée vive !
— Monsieur le docteur, s’écria le cabaretier en se redressant d’un air d’arrogance, savez-vous qu’il y a des lois, et que…
— Tais-toi, interrompit l’oncle, ton action est infâme ! »
Et, se tournant vers les autres :
« Jeffer, dit-il, transporte cette femme dans ma maison ; elle vit encore. »