Himmelsfarth ! Himmelsfarth ! »

J’en avais des éblouissements.

« Oui, dit Hans Aden ; mais comment avoir un traîneau ?

— Laissez-moi faire, répondit Frantz Sépel, le plus malin de nous tous. Mon père en avait un l’année dernière, mais il était tout vermoulu, la grand-mère en a fait du feu. C’est égal, arrivez toujours. »

Nous le suivîmes pleins de doute et d’espérance. Tout en descendant la grande rue, devant chaque hangar nous faisions halte, le nez en l’air, et nous regardions d’un œil d’envie les schlittes[5] pendues aux poutres.

[5] Traîneaux.

« Ça, disait l’un, c’est une belle schlitte, nous pourrions tous y tenir sans gêne.

— Oui, répondait un autre, mais elle serait trop lourde à traîner sur la côte : elle est en bois vert.

— Eh ! faisait Hans Aden, nous la prendrions tout de même, si le père Gitzig voulait nous la prêter ; mais c’est un avare : il garde sa schlitte pour lui seul, comme si les schlittes pouvaient s’user.

— Arrivez donc ! » s’écriait Frantz Sépel qui marchait en avant.