— Comment ! tu n’as pas honte de dire cela de cette façon ? s’écria l’oncle.
— Eh ? pourquoi, monsieur le docteur ? Fritzel est comme petit Jean, il dit tout ce qu’il pense, et il a raison. Va, Fritzel, cours, amuse-toi ; l’oncle te donne congé. »
Que je l’aimais alors et que son sourire me paraissait bon ! L’oncle Jacob s’était mis à rire, il reprit son fouet au coin de la porte, et revenant :
« Allons, madame Thérèse, s’écria-t-il, au revoir et bon courage !
— Au revoir ! monsieur le docteur, fit-elle en lui tendant sa longue main d’un air d’attendrissement ; allez, et que le ciel vous conduise. »
Ils restèrent ainsi quelques instants tout rêveurs ; puis l’oncle dit :
« Ce soir, entre six et sept heures, je serai de retour, madame Thérèse ; ayez bonne confiance, soyez sans inquiétude, tout ira mieux. »
Après quoi nous sortîmes ; il enjamba l’échelle du traîneau, s’enveloppa les genoux de sa houppelande, et toucha Rappel du bout de son fouet, en me disant :
« Conduis-toi bien, Fritzel. »
Le traîneau fila sans bruit, remontant la rue. Quelques bonnes gens regardaient à leurs fenêtres et se disaient :