—Si tu m'en crois, nous allons aller aux prisons. On va faire choix des aristocrates qui nous donneront la fête ce soir. Il faut veiller sur le marquis, sur le vieux valet, et sur tous ceux enfin qui peuvent payer. Une méprise nous coûterait trop cher, et les petites rançons ne sont pas non plus à dédaigner.

—C'est cela même! Ils payeront d'abord, tous ces brigands engraissés, tous ces tyrans.

—Et ils y passeront ensuite comme les autres, n'est-ce pas?

—Cela va sans dire. A quoi cela servirait-il de les garder quand ils n'auront plus de plumes aux ailes? Faut bien purger le pays!

—Partons alors.

—Partons!

Les deux hommes se levèrent, et, sans accorder un regard à la jeune fille, ils se dirigèrent vers la porte. Pinard posa la main sur le bouton de la serrure et s'arrêta.

—Minute!... dit-il. Nous pouvons ne pas être libres de causer ce soir; convenons de nos faits.

—Soit.

—Dans trois jours tu iras à l'entrepôt.