—Marcof! fit la religieuse en s'approchant vivement. Oh! Dieu soit loué! le Seigneur a exaucé ma prière.

Bervic, en reconnaissant son chef, avait lancé dans la nuit un nouveau coup de sifflet. Tous les hommes, se portant vivement à tribord, s'apprêtèrent à rendre les honneurs militaires en se rangeant sur une double ligne de la tête de l'escalier d'honneur au pied du grand mât. L'embarcation accostait, et l'un de ceux qui la montaient, saisissant un bout d'amarre lancé du haut du lougre, la contraignait à demeurer bord à bord avec le petit navire. Marcof, suivi de Boishardy et de Keinec, s'élança sur le pont et promena autour de lui un regard attentif.

—Bien, mes enfants, dit-il de sa voix franche et sympathique, vous faites bonne veille et on ne peut vous surprendre; très bien! je suis content, vous êtes de vrais matelots.

Puis, se tournant vers le vieux maître:

—Bervic! ajouta-t-il d'un ton amical.

—Mon commandant? répondit le marin en s'avançant respectueusement.

—Tu feras donner double ration à l'équipage.

—Oui, commandant.

En ce moment la religieuse s'avança vers Marcof et lui tendit sa petite main.

—Vous ici, à pareille heure! fit le marin d'un ton de doux reproche et en portant à ses lèvres la main qui lui était offerte avec une grâce chevaleresque, digne d'un preux du moyen âge.