—Oui, mon ami, répondit la religieuse: je veillais près de ces braves gens qui sont pour moi pleins de complaisance et de respect.

—Ils ne font que leur devoir, madame; vous êtes, à mon bord, maîtresse souveraine.

Pendant ce temps Keinec échangeait quelques poignées de main amicales avec le vieux Bervic et les autres matelots, et M. de Boishardy, examinant curieusement le pont du navire, jetait autour de lui un regard où se peignaient l'étonnement et l'admiration. Enfin il s'approcha de Marcof qui venait de quitter Julie, laquelle, sur la prière du marin, était redescendue dans l'entrepont.

—Ma foi, mon cher! s'écria gaiement le chef royaliste, je ne m'attendais pas à voir ce que je vois.

—Comment cela? répondit Marcof en souriant.

—Mais votre lougre est gréé, aménagé et armé à faire rougir un vaisseau du roi. Quel ordre! quel soin! quel aspect guerrier!

—Vous trouvez?

—D'honneur! je suis dans l'admiration.

—Vous venez de voir mon navire et mon équipage en temps de paix, fit le marin en prenant un accent plus sérieux; que diriez-vous donc si vous pouviez le contempler en temps de guerre, quand le Jean-Louis s'accroche à une frégate ennemie et que mes matelots s'élancent la hache au poing et le poignard aux dents!

—Cordieu! ce doit être un beau spectacle, et l'eau m'en vient à la bouche, rien qu'en y pensant.