—Parfaitement, n'est-ce pas, Keinec?
—Je l'ai entendu, ainsi que Jahoua.
—Que pensez-vous de cela, Marcof?
—Je ne sais que supposer! Était-ce Raphaël (ce misérable se nommait ainsi), était-ce Raphaël qui trompait le comte de Fougueray; était-ce le comte de Fougueray qui se servait de cet homme? C'est dans la réponse que se trouverait le nœud de cette intrigue, et malheureusement je ne puis répondre moi-même.
—C'est étrange! dit Boishardy en réfléchissant profondément.
—Voici les clochers de Saint-Étienne, fit observer Keinec en désignant du doigt deux flèches aiguës qui apparaissaient en ce moment sur la droite des voyageurs.
—Pressons l'allure! répondit Boishardy, et enfonçons-nous sur la gauche; nous redescendrons ensuite sur la ville, après nous être assurés que les bleus n'y sont pas. Eh bien, continua-t-il tout en éperonnant son cheval et en fixant un regard perçant sur les campagnes avoisinant la Loire; Eh bien! cette jeune Yvonne m'intéresse et je donnerais de bon cœur le peu qui me reste de bien pour découvrir l'endroit où on la retient prisonnière.
—Si toutefois elle vit encore! répondit Marcof.
—N'en doute pas! s'écria Keinec. Si Yvonne était morte, j'aurais été tué, j'en suis sûr.
—Espère, mon gars, dit le chef royaliste. Quant à moi je te promets qu'après avoir réussi à délivrer le marquis de Loc-Ronan, je t'accorderai mon aide pour chercher la pauvre enfant dont tu parles.