—Avant cela, reprit Brutus, tu nous apporteras du vin et du meilleur!

—Oui, citoyen oui!

Sur ce, Brutus pirouetta sur ses sabots et reprit le chemin de la grande salle.

—J'ai idée que c'est des gros négociants mêlés d'aristocrates, qui nous la payeront bonne en louis d'or, murmura-t-il. En tout cas, faut que je saigne celui qui m'a étranglé, et que je vide la bourse de celui que m'a désigné Niveau.

Brutus, en entrant, trouva ses compagnons assis autour d'une vaste table. Soit hasard, soit intention préméditée, les trois royalistes se trouvaient assis chacun entre deux sans-culottes. Brutus sourit en remarquant ce détail, et lança un regard d'intelligence à Spartacus. La conversation était déjà engagée entre Marcof, Boishardy et les membres de la compagnie Marat.

—Ainsi, disait Marcof qui poursuivait toujours la même pensée relative à Philippe, ainsi on ne dressera pas une liste des aristocrates noyés ce soir?

—Pas plus que de ceux qui sont encore sur la place du Département, répondit Spartacus.

—Pourquoi?

—Imbécile! Pour faire une liste, faut-il pas savoir les noms?

—Sans doute.