—Je crois que le bandit parle de son âme! fit Marcof en riant. Il nous défie; eh bien! nous allons voir.

Et s'adressant à Keinec:

—Va nous chercher, dit-il, un réchaud de charbon et un morceau de fer.

Keinec sortit vivement.

—Qu'allez-vous faire? demanda Boishardy.

—Employer un procédé fort simple que j'emprunte aux Indiens de Ceylan pour faire obéir les éléphants.

—Et quel est ce procédé?

—Il consiste, à l'aide d'une forte brûlure, à entretenir une plaie vive sur le cou de l'animal; c'est dans le milieu de cette plaie que l'on enfonce la lame qui sert d'éperon. Le moyen est d'autant meilleur qu'il n'altère nullement la santé ni les forces, et que la douleur est insurmontable.

Boishardy fit un geste de dégoût. Marcof haussa les épaules.

—Nous n'avons pas le choix des moyens, dit-il; il faut que cet homme vive et qu'il parle, qu'il parle promptement surtout.