De l'autre côté de ce couplet, on voyait écrit en lettres énormes:

Pleure, mais souviens-toi qu'il doit être vengé.
Ennemis de la patrie, modérez votre joie;
Il aura des vengeurs!

De tous côtés l'œil ne rencontrait que médailles en plâtre et en ivoire, représentant, les unes Marat, les autres Chalier et Lepelletier, avec cet exergue:

MARTYR DE LA LIBERTÉ!

Enfin une énorme affiche, qui, quelque temps avant, avait couvert les murs de Paris, cachait presque entièrement un côté de la muraille. Cette affiche était ainsi conçue:

LEPELLETIER.
Pour avoir assassiné le brigand, il fut assassiné
Par un brigand.
BRUTUS.
Le vrai défenseur des lois républicaines
Et l'ennemi juré des rois.
MARAT.
Le véritable ami du peuple,
Fut assassiné par les ennemis du peuple.

Au-dessus de cette affiche pendait le drapeau national; au-dessous on lisait ce quatrain:

Peuple, Marat est mort; l'amant de la patrie,
Ton ami, ton soutien, l'espoir de l'affligé,
Est tombé sous les coups d'une horde flétrie.
Pleure, mais souviens-toi qu'il doit être vengé!

Puis ces inscriptions placées et répétées partout:

«Vive la République! Vive la Montagne! Vivent à jamais les sans-culottes!»