—Quelqu'un veut te parler.

—Qui cela?

—Le citoyen.

Et Piétro désigna du geste le délégué du comité de Salut public. Le marquis de Loc-Ronan fit alors un pas en avant vers celui qu'on lui indiquait.

Philippe, en dépit de son séjour prolongé dans les prisons, n'avait rien perdu de sa dignité morale. C'était toujours ce beau gentilhomme aux façons élégantes et chevaleresques, aux grands airs de noble seigneur. En apercevant Diégo, qu'il reconnut au premier coup d'œil, le sang lui monta au visage.

—Le comte de Fougueray! dit-il en reculant.

—Le citoyen Fougueray, si vous le voulez bien, répondit Diégo avec une ironique politesse et en faisant un geste à Piétro, qui sortit et referma la porte.

—Cela devait être! murmura le marquis avec un mépris profond.

Diégo sourit.

—Tu ne m'attendais guère, n'est-ce pas, citoyen? reprit-il avec cette brutalité de langage qui était de mode à cette triste époque.