—Si fait, je vous attendais.

—Bah! vraiment?

—J'ai été victime d'une infâme délation; puisqu'il s'agissait de lâcheté, je devais penser à vous.

—Citoyen Loc-Ronan!

—Monsieur le comte!

—Encore une fois, je suis le citoyen Fougueray! s'écria Diégo avec colère, car il craignait que quelque surveillant, en rôdant dans le corridor, n'entendît le marquis lui donner un titre qui entraînait alors le dernier supplice pour ceux qui le portaient.

Philippe devina la pensée de son interlocuteur, mais il se contenta de hausser dédaigneusement les épaules.

—Que me voulez-vous donc encore? demanda-t-il froidement et avec une hauteur extrême.

—Causer quelques instants, avec vous, cher beau-frère, répondit Diégo avec une affabilité railleuse. Il y a si longtemps que nous ne nous sommes vus que nous devons avoir bien des choses à nous dire!

—Assez! dit brusquement Philippe. Je n'ai plus ni or, ni argent, ni terres, ni châteaux, ni fortune enfin. Que me voulez-vous donc?