—Comprends-tu, maintenant?

—Je commence. Et où en est cette affaire?

—Elle sera terminée aujourd'hui même.

—Nous aurons l'argent? s'écria Carrier dont les yeux brillèrent.

—Non; mais nous aurons la lettre qui nous le fera avoir.

—Comment toucherai-je, moi?

—Rien de plus simple. La lettre dont je te parle, une fois entre mes mains, j'irai à la Roche-Bernard l'échanger contre une autre qui me révélera l'endroit où est enfoui le trésor. Donne-moi une escorte pour aller à la Roche-Bernard et ordonne au chef de me ramener à Nantes mort ou vif.

—J'accepte.

—Le secret connu de nous deux, nous irons ensemble à l'endroit indiqué et nous partagerons.

Cette fois, Diégo agissait avec franchise et sans la moindre arrière-pensée. Il préférait de beaucoup avoir affaire à Carrier plutôt qu'à Pinard. Il avait espéré que le lieutenant du proconsul aurait été massacré, et il avait nourri la pensée de s'approprier entièrement la fortune de Julie. Mais en apprenant le retour de Pinard, il comprit vite qu'il n'aurait pas le temps d'agir seul, ou que son complice, instruit de son manque de foi à son égard ne négligerait rien pour se venger. Alors il perdait tout. Bien mieux valait partager avec le proconsul, faire disparaître Pinard et s'assurer ainsi une certitude de gain.