Avec sa rapidité de conception ordinaire, Diégo avait envisagé la situation sous ses différentes faces et s'était promptement décidé, ainsi qu'on vient de le voir. Puis, un autre sentiment encore s'était fait jour dans sa pensée. L'ancien bandit réfléchissait qu'Yvonne demeurait seule à sa merci; sa passion étouffée se réveilla tout à coup en voyant les obstacles tomber.

De son côté, Carrier se laissait aller à des idées qui, quoique différentes, devaient aboutir au même but. Il trouvait plus simple et plus avantageux de ne pas partager avec Pinard, et en même temps il songeait aux moyens de ramener Fougueray à Nantes après avoir dépouillé le trésor. Une fois l'affaire faite et son complice entre ses mains, il ne doutait pas qu'il ne parvînt à s'approprier la somme tout entière.

Aussi, après quelques minutes de silence, la conversation reprit-elle plus vive entre les deux hommes. Carrier entra nettement dans la question.

—Tu veux faire disparaître Pinard? dit-il.

—Oui, répondit Diégo sans hésiter.

—J'y consens.

—Très bien.

—A une condition.

—Laquelle?

—Tu te chargeras de tout; je ne ferai rien; je laisserai faire.