—Agis en conséquence; défends jusqu'à nouvel ordre l'accès des prisons.
—Tu as raison.
Et Carrier appela à haute voix. Un sans-culotte ouvrit la porte du cabinet.
—Chaux est-il en bas? demanda Carrier.
—Oui, citoyen.
—Fais-le monter.
Deux minutes après, Chaux faisait son entrée dans le cabinet du proconsul. Carrier écrivit rapidement quelques lignes et tendit le papier au sans-culotte.
—Cet ordre au Bouffay, dit-il. Tu l'exécuteras toi-même; prends des hommes de garde avec toi et que personne ne puisse pénétrer dans les prisons avant onze heures du soir. Personne, entends-tu? Je ferais guillotiner toi et tous les geôliers si j'apprenais que quelqu'un eût pu voir un prisonnier.
Chaux sortit sans répondre. Carrier paraissait être de mauvaise humeur, et dans ces moments-là ses meilleurs amis eux-mêmes, ses plus dévoués lieutenants n'osaient lui adresser la parole.
—Très bien, dit Fougueray après la sortie du sans-culotte.