—Et, ajouta Chantereau, il marche sur le Mans.
—Où il trouvera Marceau, Kléber et Canuel avec des forces triples des siennes! dit Marcof. Enfin, espérons en Dieu, messieurs.
—Et attendons ici les résultats de cette marche nouvelle, ajouta Boishardy. La Rochejacquelein m'a ordonné de garder à tout prix ce placis, qui renferme d'abondantes munitions et offre une retraite sûre en cas de revers. Vous, Cormatin, et vous Chantereau, regagnez vos campements et tenez-vous, prêts à agir et à vous replier sur moi au premier signal. Adieu, messieurs! fidèles toujours et quand même, c'est notre devise. Que personne ne l'oublie!
Les deux chefs prirent congé et s'éloignèrent. Marcof et Boishardy demeurèrent seuls. Il y eut entre eux un court instant de silence. Puis, Boishardy s'approchant vivement du marin:
—Vous avez donc été à Nantes? dit-il.
—Oui, répondit Marcof.
—Si vous aviez été reconnu?
—Eh! il fallait bien que j'y allasse, aurais-je dû affronter des dangers mille fois plus terribles et plus effrayants.
—Vous vouliez tenter de revoir Philippe, n'est-ce pas?
—Oui.